Danique Stein – Le rouge et le bleu dans le sang

Alors qu’auparavant ses journées se ressemblaient toutes à peu près, Danique Stein apprécie sa flexibilité actuelle et en profite. L’ancienne joueuse de l’équipe nationale et entraîneuse du FC Bâle est heureuse lorsqu’elle est entourée de ses proches. Lorsqu’elle peut déguster une pizza accompagnée d’une bonne bouteille de vin et lorsqu’elle voit l’enthousiasme pour le football féminin prendre sans cesse de l’ampleur.

Valérie Ziegler, nuage

Il suffit de parler avec elle au téléphone pour se rendre compte de la femme qu’elle est, pleine de vie et toujours de bonne humeur. Danique Stein se considère comme quelqu’un d’authentique, serviable et drôle. La Coupe d’Europe de football féminin qui se déroule actuellement contribue à sa bonne humeur : « Je suis ravie d’avoir pu assister au match d’ouverture au stade », déclare l’ex-joueuse de 34 ans, « Ce match m’a inspirée au plus au point. Je suis fière et reconnaissante d’être bâloise et je trouve non seulement beau, mais absolument juste que nous ayons pu accueillir le match d’ouverture. »

« Je suis fière et reconnaissante d’être bâloise. » Danique Stein

Même si le football féminin est encore aux prises avec de (trop) nombreux préjugés et que les avis à l’égard de l’équipe nationale suisse étaient tout sauf positifs peu avant le tournoi, le match du 2 juillet 2025 au Joggeli de Bâle a donné une tout autre impression : « Le stade était plein à craquer. Jeunes ou moins jeunes, l’enthousiasme se lisait sur tous les visages » Le résultat – la Suisse a perdu 1-2 contre la Norvège sans vraiment le mériter – n’était que secondaire à ce moment présent.

Le football rassemble

Danique a toujours vécu pour le football. Déjà toute petite, elle passait des semaines à jouer au football avec ses cousins hollandais pendant les vacances au camping. Avec son père, qui était lui-même un footballeur actif, elle a assisté à de nombreux matchs.

Pendant longtemps, elle a été la seule fille de son équipe. A 14 ans, elle a rejoint la première équipe féminine du FC Concordia Basel. Pour cela, il lui a fallu une autorisation spéciale, car elle était officiellement trop jeune. Après un séjour de deux ans à l’étranger, où l’ex-défenseuse a signé un contrat avec la Bundesliga, le FCB a frappé à sa porte en 2011. « Pour moi, il n’y a qu’un seul club en Suisse. Je savais que je voulais jouer ici jusqu’à la fin de ma carrière. »

« Pour moi, il n’y a qu’un seul club en Suisse. Je savais que je voulais jouer ici jusqu’à la fin de ma carrière. » Danique Stein

Et elle n’a pas fait semblant de jouer ! Pendant des années, elle a été la joueuse de tous les records et la capitaine de l’équipe rouge et bleue. Elle était également présente lorsque le FCB a remporté la Coupe en 2014. Et pour l’équipe nationale, elle a foulé la pelouse à 22 reprises au total.

Danique Stein

Pour Danique, il n’y a qu’une seule association en Suisse : le FC Bâle 1893. © Basel Tourismus, Oz Jacob Tabib

Comme si son quotidien de footballeuse professionnelle n’était pas assez rempli, Danique a toujours été bien occupée en dehors des terrains. Ainsi, pendant sa carrière, elle a effectué un stage à la fondation du campus de la relève à Bâle pour obtenir sa maturité professionnelle. Et a obtenu plus tard son diplôme d’entraîneuse.

En 2017, alors qu’elle n’avait que 27 ans, elle a senti que c’était le moment. « Ma voix intérieure me disait qu’il était maintenant important de me mettre en avant. »

Elle aspirait à plus de flexibilité, voulait voyager, mettre les bouchées doubles au travail... « J’ai passé ma vie à tout miser sur la carte du football. Et j’étais fatiguée de faire une croix sur tous les anniversaires. »

Faire la fête était de toute façon une expression tabou dans la vie de la jeune Danique. « Même si je suis passée à côté d’un certain nombre de choses dans ma jeunesse, je n’aime pas parler de renonciation, car ma carrière m’a permis d’acquérir un bagage qui m’a formée pour la vie. »

« Même si je suis passée à côté d’un certain nombre de choses dans ma jeunesse, je n’aime pas parler de renonciation. » Danique Stein

Ainsi, celle qui se lève tous les jours à six heures pour commencer la journée tranquillement se remémore comment elle a pu parcourir le monde avec l’équipe nationale suisse ; les nombreuses personnes formidables qu’elle a rencontrées : « La discipline, la persévérance, l’esprit d’équipe, l’émulation, la capacité d’aller au bout de ma performance à des moments clés sont autant de compétences que je peux appliquer aujourd’hui au quotidien. Si j’avais remis tout cela en question à l’époque, je ne serais jamais arrivée aussi loin. »

Pour autant, l’arrêt de sa carrière de joueuse n’a pas été une fin en soi pour Danique, loin de là. « C’est surtout mon père et mon ancien entraîneur Willy Schmid qui m’ont incitée à devenir entraîneuse. » Jusqu’en 2022, la Bâloise d’origine hollandaise a entraîné la première équipe féminine du FC Bâle. « J’aime être un modèle et avoir l’impression de donner quelque chose en retour aux jeunes joueuses en tant qu’entraîneuse. »

Danique est restée fidèle au FCB jusqu’à aujourd’hui. En tant que membre de la direction de la fondation du campus de la relève à Bâle, elle s’occupe entre autres de l’administration, des finances, des événements et d’une partie de la gestion des talents. « Le football est un sport qui rassemble », affirme Danique, « celles et ceux qui ont grandi dans la région savent que le rouge et le bleu sont bien plus que de simples couleurs ! »

Place au spectacle

Elle profite pleinement de l’Euro féminin de l’UEFA qui se déroule actuellement. C’est déjà impressionnant de voir des affiches de ses anciennes coéquipières partout : « C’est fou qu’on en soit arrivé là ! » Elle espère bien sûr que la tendance ne s’arrêtera pas après la Coupe d’Europe : « C’est bien que le football féminin ait enfin la visibilité qu’il mérite. Ce qui me comble avant tout, c’est de voir que les jeunes filles sont encouragées à jouer au football ; qu’on leur montre qu’elles peuvent vivre leur rêve aujourd’hui si elles le veulent. Et qu’elles peuvent avoir de nouveaux modèles féminins. »

« C’est bien que le football féminin ait enfin la visibilité qu’il mérite. » Danique Stein

Mais il y aurait encore beaucoup de marge de progression, en particulier en Suisse. Du moins en ce qui concerne la reconnaissance du sport. « Sur le plan de l’entraînement, les choses se sont énormément améliorées au cours des dix dernières années. » Ainsi, les conditions pour les femmes seraient enfin les mêmes que pour les hommes. « Il est important que nous puissions nous aussi nous entraîner six fois par semaine, et pas seulement à huit heures du soir. » 

Des conditions qui n’étaient pas encore réunies lorsque Danique évoluait en junior. « La volonté d’encourager le football féminin est aujourd’hui perceptible à cent pour cent. Tout du moins au FCB. »

Malgré tout, l’ancienne joueuse qui réside à Muttenz souhaiterait être encore mieux acceptée. « Nous, les femmes, nous devons encore trop souvent faire nos preuves. » La peur de l’humiliation guette encore trop souvent en embuscade. Un camouflet qui nourrit tous ceux qui n’attendent qu’une raison supplémentaire pour s’épancher sur le football féminin. « Cela ne devrait plus être un combat ! Qu’est-ce qui empêche de vivre son rêve ? Après tout, nous n’obligeons personne à regarder notre football. »

« Qu’est-ce qui empêche de vivre son rêve ? Après tout, nous n’obligeons personne à regarder notre football. » Danique Stein

Pour la ligue suisse, elle espère en outre voir arriver sur le marché encore plus de coachs suisses, la ligue étant encore majoritairement dominée par des entraîneuses étrangères.

Actuellement, Danique ne joue plus guère au football. Elle préfère par exemple faire du jogging ou de la gymnastique, et profiter du soleil à la Rhybadhüsli Breite (Bain Rhénan Breite) sur les rives du Rhin. « Mais cela me démange toujours. Je n’ai que 34 ans et je suis convaincue que tôt ou tard, on me reverra sur la pelouse. » 

LezBroz 2019

Bain Rhénan Breite © Basel Tourismus

En tant que future entraîneuse de l’équipe nationale, peut-être ? « C’est un de mes rêves. Ce serait bien sûr cool si je pouvais un jour choisir entre les Pays-Bas et la Suisse », dit-elle en riant. Et en même temps, elle est probablement mieux placée que quiconque pour savoir qu’elle en a l’étoffe.

Coopération avec Basel Happens

Vous souhaitez rencontrer d’autres personnalités passionnantes de Bâle ? Depuis 2017, notre journaliste Valérie Ziegler présente Bâle, sa ville bien-aimée, sur le canal Instagram « Basel Happens » en collaboration avec le photographe bâlois Oz J Tabib. Découvrez des lieux des personnages et des projets inspirants, avec leurs propres caractères !